Messe des obsèques d’Yvonne Schneider-Maunoury

Homélie du Père Bernard QUERUEL

Avant de quitter ses disciples, Jésus Ressuscité effectue la relecture des Écritures en précisant ce qui le concerne, comme il l’avait fait sur la route d’Emmaüs pour les deux pèlerins dans l’après-midi de Pâques.

« Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les psaumes ». « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la conversion serait proclamée en son nom pour le pardon des péchés. »

Il n’est pas étonnant qu’Yvonne ait choisi elle-même ce texte pour ses obsèques non seulement parce que c’était le cœur de sa foi, mais parce qu’elle n’a cessé de vivre cette même démarche de relire les Écritures, pour discerner ce qui concerne Jésus dans la première Alliance.

Cela a été sa quête, dans ses études au collège des Bernardins… mais pour transmettre ainsi la Bonne Nouvelle dans un langage clair et une pédagogie adaptée à son auditoire, ici dans notre paroisse comme en République Démocratique du Congo où, pendant de nombreuses années, elle est partie l’été… C’était « ses vacances apostoliques ».

Elle avait pris au sérieux cette parole de Jésus : « A vous d’en être les témoins ».

Elle aimait la Parole de Dieu… Quant elle la lisait durant nos célébrations elle la lisait lentement, comme si c’était un trésor à dévorer lentement pour goûter chaque mot, sans doute parce que, plus que quiconque, elle en connaissait tout le contenu… toute l’histoire.

Beaucoup d’entre nous ont pu participer aux cours qu’elle donnait le lundi.

Elle n’avait pas tout à fait terminé son cours sur l’Exode…et il y a encore quelques semaines, elle envisageait même de donner par visio ce qui restait encore à partager.

Dans la préparation des messes du dimanche elle publiait avec Marie-Hélène sa méditation biblique sur le site de la paroisse.

J’ai eu la chance de préparer avec elle plus d’une vingtaine de retraites paroissiales dans diverses abbayes bénédictines, cisterciennes ou clarisses…

Bien sûr sa compétence exégétique était mise à contribution mais j’ai découvert une femme religieuse…une femme du concile Vatican II, ouverte sur les questions de société, sur l’ouverture au judaïsme…une femme sensible à la souffrance des autres qui a retrouvé à l’hôpital Bichat une soignante dont elle avait été la pédiatre.

En cinquante ans dans notre quartier, elle a marqué plusieurs générations.

Une phrase de ce passage de l’épître aux Corinthiens lui convient bien. « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».

Il ne manquait pas l’amour à Yvonne… elle savait le montrer dans l’écoute des autres… grande qualité pour un médecin mais plus largement pour les témoins de l’Évangile… son amour n’était pas sentimental elle savait conseiller… mais n’avait pas peur d’être ferme… pas de complaisance dans son propos. C’était une femme libre parce que branchée sur le Seigneur… et si elle avait blessé quelqu’un, elle savait aussi lui demander pardon.

Une autre raison pour laquelle Yvonne a dû choisir ce texte de saint Luc, c’est qu’au jour de l’Ascension, les Apôtres retournèrent à Jérusalem, « en grande joie »…

Aujourd’hui mes amis, Yvonne s’en est allée définitivement vers le Seigneur qui a été son compagnon tout au long de sa vie. Nous ne pouvons pas dire que nous sommes dans la joie. Et ceux et celles qui l’ont accompagnée ces derniers mois ont été frappés par sa sérénité, lucide sur son état et confiante dans son Seigneur…partageant encore la Parole de Dieu quand j’allais lui porter la communion le dimanche après la messe.

L’ange de Dieu dont nous parle le livre de l’Exode marchait devant elle…

Yvonne savait où elle allait,

Et, si nous ne sommes pas joyeux, grâce à elle, aujourd’hui, nous ne sommes pas tristes !

Merci Yvonne.
Merci Seigneur de l’avoir mise sur notre route.

Amen


Hommage à Yvonne SCHNEIDER-MAUNOURY (1939-2026)

Par Perla Relkin
Membre du Comité directeur de l’AJCF, Amitié Judéo-Chrétienne de France
Présidente de l’AJC Paris-Ouest Notre-Dame-de-Clignancourt


Prière d’action de grâce

Nous te rendons grâce Seigneur pour la famille dans laquelle Yvonne a grandi : ses parents, Pierre et Marie-Thérèse SCHNEIDER-MAUNOURY, ses 6 frères et sœurs, André, Jacqueline, Marc, Bruno, Chantal et Odile. La famille s’est élargie avec belles-sœurs et beau-frère puis neveux, nièces, leurs familles, leurs enfants, grands et petits. Yvonne nous a manifesté son amour, sa disponibilité, son écoute, ses conseils médicaux, sa présence, en toutes occasions de se réjouir ou dans les moments moins faciles et douloureux.
Béni sois-tu Seigneur pour la famille.

Refrain

Nous te rendons grâce Seigneur pour les soignants et plus particulièrement les pédiatres et tous ceux qui prennent soin de ces tout-petits que sont les enfants, à qui tu nous as dit de ressembler. Yvonne a exercé la pédiatrie pendant 30 ans dans le cabinet partagé avec Denise, square de Clignancourt. De tôtle matin à tard le soir elle a mis sa capacité d’accueil, d’écoute et son professionnalisme exigent au service des enfants et aussi de leurs parents.
Béni sois tu Seigneur pour toutes celles et ceux qui prennent soin de la personne humaine de sa conception jusqu’à la fin de la vie.

Refrain

Nous te rendons grâce Seigneur pour ton Église et spécialement la communauté paroissiale de Notre-Dame de Clignancourt. Avec les sœurs et les frères de cette communauté vivante, Yvonne a prié,partagé, écouté, accueilli, secouru, enseigné, témoignant avec d’autres de sa foi et de l’unité de vie que cette foi implique au quotidien.
Béni sois-tu Seigneur pour ton Église.

Refrain

Nous te rendons grâce Seigneur pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier. Découvrant qu’ils représentaient un tiers de sa patientèle et qu’elle ignorait tout d’eux, Yvonne a eu à cœur d’apprendre l’hébreu puis de dialoguer, échanger, nouer des amitiés avec eux et étudier les Écritures saintes du premier testament ici et en Israël. Avec intensité elle a annoncé et enseigné ce qu’elle avait découvert et ce jusqu’aux extrémités du Congo.
Garde-nous tous, Seigneur, juifs et chrétiens, dans l’amour de ton Nom et la fidélité à ton Alliance.
Bénis sois tu Seigneur.

Refrain