Editorial du dimanche 14 juin 2015

POUR QUE NOUS PORTIONS DU FRUIT

La liturgie de la Parole nous met face au mystère du Royaume. Ezékiel décrit en poète l’œuvre du Seigneur. « Ainsi parle le Seigneur Dieu : À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige : au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée. Sur la haute montagne d’Israël je la planterai. Elle portera des rameaux et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d’elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d’oiseaux, à l’ombre de ses branches ils habiteront. » Ainsi la tige fragile devient un grand arbre. Cette espérance, nous la proclamons en chaque eucharistie. Chaque célébration nous fait communier à l’action de Jésus dans l’Esprit. Chaque célébration hâte son accomplissement. La force de sa résurrection est à l’œuvre.

AU DIEU JUSTE ET MISERICORDIEUX

Saint Paul nous dit : «Que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps. » Quand viendra ce jour, Père, souviens-toi de ta miséricorde. Rappelle-toi Jésus se livrant pour nous. « Puisque l’homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce », éveille en nous ton règne.

Il semble advenir comme en secret. Rien de spectaculaire mais tu es à l’œuvre : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’aborde l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »

Arrive le temps de la moisson… Sera-t-elle décevante ? Magnifique ? Ô notre Dieu, souviens-toi de notre faiblesse. Souviens-toi surtout de Jésus-Christ et du grain qui meurt : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul : mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Donne-nous d’entrer dans le mystère du Christ, de le laisser grandir en nous, d’y communier ensemble, de l’annoncer par nos paroles et notre vie, par notre confiance face aux boule-versements de notre monde et à l’oubli de ton nom.

Père Joseph Hunt