Paroisse Notre-Dame de Clignancourt
Messe des obsèques d’Yvonne SCHNEIDER MAUNOURY
Le vendredi 2 octobre 2026
Homélie du Père Bernard QUERUEL
Avant de quitter ses disciples, Jésus Ressuscité effectue la relecture des Écritures en précisant ce qui le concerne, comme il l’avait fait sur la route d’Emmaüs pour les deux pèlerins dans l’après-midi de Pâques.
« Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les psaumes ». « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la conversion serait proclamée en son nom pour le pardon des péchés. »
Il n’est pas étonnant qu’Yvonne ait choisi elle-même ce texte pour ses obsèques non seulement parce que c’était le cœur de sa foi, mais parce qu’elle n’a cessé de vivre cette même démarche de relire les Écritures, pour discerner ce qui concerne Jésus dans la première Alliance.
Cela a été sa quête, dans ses études au collège des Bernardins… mais pour transmettre ainsi la Bonne Nouvelle dans un langage clair et une pédagogie adaptée à son auditoire, ici dans notre paroisse comme en République Démocratique du Congo où, pendant de nombreuses années, elle est partie l’été… C’était « ses vacances apostoliques ».
Elle avait pris au sérieux cette parole de Jésus : « A vous d’en être les témoins ».
Elle aimait la Parole de Dieu… Quant elle la lisait durant nos célébrations elle la lisait lentement, comme si c’était un trésor à dévorer lentement pour goûter chaque mot, sans doute parce que, plus que quiconque, elle en connaissait tout le contenu… toute l’histoire.
Beaucoup d’entre nous ont pu participer aux cours qu’elle donnait le lundi.
Elle n’avait pas tout à fait terminé son cours sur l’Exode…et il y a encore quelques semaines, elle envisageait même de donner par visio ce qui restait encore à partager.
Dans la préparation des messes du dimanche elle publiait avec Marie-Hélène sa méditation biblique sur le site de la paroisse.
J’ai eu la chance de préparer avec elle plus d’une vingtaine de retraites paroissiales dans diverses abbayes bénédictines, cisterciennes ou clarisses…
Bien sûr sa compétence exégétique était mise à contribution mais j’ai découvert une femme religieuse…une femme du concile Vatican II, ouverte sur les questions de société, sur l’ouverture au judaïsme…une femme sensible à la souffrance des autres qui a retrouvé à l’hôpital Bichat une soignante dont elle avait été la pédiatre.
En cinquante ans dans notre quartier, elle a marqué plusieurs générations.
Une phrase de ce passage de l’épître aux Corinthiens lui convient bien. « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien ».
Il ne manquait pas l’amour à Yvonne… elle savait le montrer dans l’écoute des autres… grande qualité pour un médecin mais plus largement pour les témoins de l’Évangile… son amour n’était pas sentimental elle savait conseiller… mais n’avait pas peur d’être ferme… pas de complaisance dans son propos. C’était une femme libre parce que branchée sur le Seigneur… et si elle avait blessé quelqu’un, elle savait aussi lui demander pardon.
Une autre raison pour laquelle Yvonne a dû choisir ce texte de saint Luc, c’est qu’au jour de l’Ascension, les Apôtres retournèrent à Jérusalem, « en grande joie »…
Aujourd’hui mes amis, Yvonne s’en est allée définitivement vers le Seigneur qui a été son compagnon tout au long de sa vie. Nous ne pouvons pas dire que nous sommes dans la joie. Et ceux et celles qui l’ont accompagnée ces derniers mois ont été frappés par sa sérénité, lucide sur son état et confiante dans son Seigneur…partageant encore la Parole de Dieu quand j’allais lui porter la communion le dimanche après la messe.
L’ange de Dieu dont nous parle le livre de l’Exode marchait devant elle…
Yvonne savait où elle allait,
Et, si nous ne sommes pas joyeux, grâce à elle, aujourd’hui, nous ne sommes pas tristes !
Merci Yvonne.
Merci Seigneur de l’avoir mise sur notre route.
Amen
