Editorial du dimanche 22 janvier 2012

POURQUOI PAS MOI AUJOURD’HUI ?

La réalité visible dans les lectures d’aujourd’hui est sans doute l’appel à la conversion. Jonas prêche dans la ville païenne par excellence, Ninive ; le Christ  prêche en Galilée. Le message, cependant, est différent, du moins en apparence : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite », explique Jonas ; « Le Royaume de Dieu est tout proche “, annonce Jésus. On peut voir dans ces différentes expressions les deux côtés du message qui invite à la conversion.
D’une part, l’expression « …Ninive sera détruite » qui nous invite à réfléchir sur les conséquences à encourir suite aux décisions que nous prenons chaque jour. D’autre part,  l’expression “Le Royaume de Dieu est tout proche”, qui nous invite à regarder l’autre chemin, l’alternative que nous avons mise de côté, l’offre gratuite du salut.
Si par Jonas, le Seigneur adresse un  tel message aux Ninivites, c’est que leur péché est grand : ils se sont éloignés du chemin tracé par le Seigneur.  Ils ont pris une direction qui va droit à la destruction. S’il y a lieu de comparaison, nous est-il  facile de demander dans quelle direction va notre monde ?  La situation existentielle de notre monde n’est pas si différente de celle des gens de Ninive.  Notre péché est grand ! Nombreuses les décisions que nous avons prises et  qui nous détournent du chemin tracé par Dieu. Dans ces conditions, où va notre monde ? Assurément à la destruction d’après la prédi-cation de Jonas, suivie par les  prophètes de la fin du monde. À vrai dire, si le prophète ne sait pas ce qui va se passer exactement dans 40 jours, il est tout aussi vrai qu’il est là pour rendre visible la possibilité d’une telle destruction. N’oublions pas que le « salaire du péché c’est la mort ».
Avec Jésus, s’offre à notre humanité pécheresse une autre possibilité. Face à un monde qui ne va pas bien, face à notre incapacité de nous rapprocher de Dieu et de le suivre, Dieu se rend présent et annonce par Jésus la venue de son Royaume. Ainsi, dans notre monde déchiré entre la conscience d’un bonheur devenant inaccessible et le mal qui ne cesse d’agrandir son espace, Jésus  prie et déclare : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».
Par cette invitation  à la conversion, Jésus ouvre son ministère public. Ce ministère que Jésus assume dans la logique de l’incarnation, c’est-à-dire porté par l’Homme. D’où l’appel à André, à Pierre, aux fils de Zébédée. Pourquoi pas à moi aujourd’hui !
Père Bénigne Ikani