Editorial du dimanche 22 novembre 2009

Jésus, notre Roi livré et crucifiéchrist enseignant

C’est en 1925, face à la montée du sécularisme et de l’athéisme, que le Pape Pie XI institua la fête du “Christ Roi” afin d’aider les chrétiens à “obéir à la douce autorité du Christ”.

Le révérend Père Dominique Li qui vient de nous quitter est de ceux qui ont écouté cet appel. Quel est donc ce Roi ? Quel est son royaume ? Saint Jean ne donne jamais le titre de roi à Jésus avant sa Passion. Aujourd’hui, il présente le titre de roi et la royauté du Messie dans le procès le plus célèbre de tous les temps.

Deux hommes se font face. L’un représente l’empire le plus puissant de l’époque, l’équivalent d’une vingtaine de pays actuels. Le plus étonnant est que c’est l’accusé qui interroge le juge : “Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d’autres te l’ont dit ?” Le Messie invite Pilate à la réflexion et au dialogue, comme il nous invite tous à prendre position. Chacun doit laisser tomber son masque et regarder Jésus dans les yeux pour répondre à cette question essentielle.Editorial

Pilate reprend son souffle : “Ta nation et les chefs des prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ?”

Mais Jésus continue de mener sereinement le dialogue : “Ma
royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes…”

On imagine ici trois formes de royauté : la royauté politique, celle qu’Hérode le Grand a sentie menacée par la naissance d’un enfant à Bethléem ; la royauté messianique telle qu’elle était conçue par les juifs ; et enfin la Royauté du Fils de l’homme qui ne contraint ni n’écrase personne et qui se laissera conduire jusqu’à la mort en croix par amour. Son règne est “règne de vie et de vérité ; règne de grâce et de sainteté ; règne de justice, d’amour et de paix” (préface du jour). Son étendard c’est le levain dans la pâte, c’est le grain de blé qui doit mourir dans le silence pour donner du fruit.

Il apparaît de plus en plus clairement que Jésus a toujours été Roi quand il expulsait les démons, quand il ressuscitait Lazare, quand il commandait au vent et à la mer, quand il corrigeait les faiblesses de la loi juive et de ses applications. Mais ce Roi à la manière de Dieu n’a jamais pris personne de force puisque sa royauté n’est pas de ce monde.

Jésus est notre Roi livré et crucifié, le Roi selon le cœur de Dieu qui n’écrase aucun de ses ennemis. Il aime follement ceux qui ne l’aiment pas et nous demande avec insistance d’en faire autant. En réalité, il ne ressemble à aucun roi de la terre, ce Roi compatissant qui sauve et qui rend la vie. Que la Vierge Marie obtienne pour nous la grâce d’obéir à son Fils, Roi de l’univers.

Père Bénigne IKANI