Editorial du dimanche 2 décembre 2012

EN AVENT, L’HUMILITÉ DE L’INTELLIGENCE

Nous entrons dans une nouvelle année liturgique (année C) qui sera éclairée tout entière par l’évangéliste saint Luc. Qu’il nous aide à redécouvrir le visage de compassion et de miséricorde de notre Dieu, ce Dieu qui vient à notre rencontre pour nous prendre sur ses épaules et nous ramener à lui, la source de vie. N’est-ce pas ce qu’à notre tour nous aurons de plus beau à faire connaître aux hommes de ce monde ?

Et, pour accompagner ce temps de l’Avent, un petit livre riche de substance vient de paraître. Benoît XVI vient clore le cycle de sa grande et belle réflexion sur Jésus de Nazareth avec « L’enfance de Jésus ». Extraordinaire sujet de méditation, qui permet de remettre en perspective toute la mission du Fils de Dieu. Matthieu et Luc, en écrivant les évangiles de l’enfance, ont explicité la théologie de Noël, en la rapportant aux faits. Des faits historiques avérés. Benoît XVI prend nettement position, en se démarquant de certaines interprétations allégoriques. « Les deux chapitres du récit de l’enfance chez Matthieu ne sont pas une méditation exprimée sous forme d’histoires ; au contraire, Matthieu nous raconte la véritable histoire, qui a été méditée et interprétée théologiquement, et ainsi il nous aide à comprendre plus profondément le mystère chrétien. »

Il faut remercier le Saint-Père de ce merveilleux cadeau que constitue l’ouvrage entier formé par ces trois volumes*. Il y montre comment l’Évangile est susceptible d’une lecture sa-vante, qui n’est jamais pesante, d’une lecture paisible aussi, qui naît de la conviction intime qu’inspire la foi. Toute l’érudition possible est ainsi au service de la compréhension de la Révélation qui est la seule clé du mystère. L’exégèse s’est trop souvent enlisée, lorsque la prétention intellectuelle s’est interposée pour faire entrer le message dans un cadre idéologique. Seule l’humilité permet de respecter ce qui nous dépasse infiniment et ce dont, cependant, nous pouvons percevoir la grandeur inouïe : “Croire signifie se soumettre à cette grandeur et croître pas-à-pas vers elle.”

Suivons ces deux guides, St Luc et Benoît XVI, et laissons-nous porter au cœur du mystère qui nous fait vivre. Ainsi deviendrons-nous les porteurs de la Bonne Nouvelle. N’est-ce pas aussi nous faire les porteurs du salut et devenir à notre tour de véritables enfants de Dieu ?

Père Jean-Luc MICHAUD

* La trilogie : « L’enfance de Jésus », « Jésus de Nazareth » Tomes 1 et 2.