Editorial du dimanche 13 décembre 2009. “Gaudete”

jean baptiste baptisantL’HOMME TROUVE EN DIEU SA JOIE

Le livre de Sophonie dans la première lecture de ce dimanche nous rappelle des vérités singulières qu’il nous faut recevoir avec foi.

Tout d’abord que le Seigneur est en nous par le mystère de sa toute-puissance divine. Cette présence de Dieu apporte le salut et l’exultation pour ceux qui le reconnaisse. Le salut rend la vigueur spirituelle aux âmes défaillantes et éloigne les tentations de toutes sortes qui cherchent à avilir la noblesse de celles-ci. Cette santé retrouvée fait naître la louange et l’exultation dans la bouche de  l’homme, chassant les paroles oiseuses et les propos déplacés.

Mais aussi, que le Seigneur trouve sa joie en nous ; qu’il soit notre joie, nous en conviendrons aisément, mais que nous so-yons la sienne voilà qui requiert un acte de foi dans la grandeur de notre condition humaine.

Et même Sophonie fait danser Dieu en nous dans sa joie de nous renouveler. Les pères grecs y verront là, la préfiguration des relations d’amour entre les trois personnes de la Trinité, auxquelles les baptisés sont associés dans l’œuvre ad extra (œuvre de salut) de celle-ci.

Saint Jean Baptiste, nous dit le texte de ce jour, annonce la Bonne Nouvelle. Il n’annule pas son action car il baptise et ex-horte ses disciples avec justesse. Mais il donne la vraie mesure de son action en annonçant la Venue de Celui qui baptise et purifie de manière plus puissante qu’aucun homme ne peut réaliser.

Jean-Baptiste ne se réalise qu’en révélant la vraie mesure du Christ. Jean-Baptiste est humble, ce qui est la marque des vrais prophètes. Il ne peut même pas être l’esclave (délier la courroie de sa sandale) de Celui qui vient plonger dans le feu et l’Esprit. Jean-Baptiste prépare en nos cœurs le chemin de l’humilité qui doit accueillir le Christ.

Saint Paul a bien été saisi par le mystère du Christ. Il rappelle aux Philippiens combien le cœur et l’intelligence sont débordés par l’immense amour qui se révèle dans le Christ Jésus. L’homme est fait pour Dieu et il doit y trouver toute sa joie. La prière est donc le signe de la présence cachée de Dieu en nous et de son activité toute-puissante.

Quelque chose d’inimaginable se produit lorsque Dieu répand sa paix, une chose espérée à quoi l’on ne s’attendait plus.

Dieu nous dépasse toujours. « Il vient Celui qui est plus puissant que moi ».

Père  Vincent Naude