Editorial du dimanche 10 février 2013

LAISSANT TOUT, ILS LE SUIVIRENT

Dimanche dernier par ces mots « ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline… pour le précipiter en bas. Mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin », saint Luc nous montrait que l’opposition rencontrée par Jésus à Nazareth ne l’empêchait pas de continuer sa mission. Reste à savoir comment et où poursuivre son ministère.

Chassé par ses proches, Jésus continue sans peur aucune sa mission hors du Temple et de la synagogue en s’appuyant sur les hommes. Des hommes simples, pécheurs mais dispo-nibles et prêts à se laisser “utiliser” par Jésus. Pierre, Jacques et Jean seront les premières pierres utiles pour la suite de sa mission.

L’histoire du salut commencée par Dieu, accomplie par Jésus Christ et prolongée par l’Esprit Saint est aussi notre histoire. Dans cette barque de Pierre (l’Église) où très sou-vent nous ne pêchons aucun poisson, où parfois certains se noient, nous sommes tous comme Isaïe et les apôtres appelés à écouter la voix du  Seigneur qui dit : « Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ? Et de répondre comme eux « moi je serai ton messager : envoie-moi ».

Une petite histoire : …un jour, un curé était invité à bénir une maison. Dans la maison il y avait non pas seulement la famille mais aussi beaucoup de moustiques qui empêchaient le bon déroulement de la prière. L’un des fils pose alors la question à sa maman : – penses-tu que je peux demander à Dieu de mettre les moustiques hors de notre maison afin qu’ils cessent de piquer les enfants ? Sa mère lui répond que c’est une bonne idée : – demande-le. L’enfant qui était sorti revient en disant : – quel est le numéro de téléphone de Dieu ? Je ne l’ai pas trouvé dans l’annuaire…  

Dieu n’est pas dans l’annuaire mais nous trouvons dans l’annuaire les numéros de téléphone des hommes. Ainsi, Dieu appelle et continuera d’adresser son Appel à tous les hommes. Notre préoccupation première ne consiste pas à appeler Dieu mais et surtout à répondre à ses appels.

Nous avons peut-être travaillé beaucoup en nous appuyant sur nos forces, notre intelligence sans l’Esprit du Seigneur et sa présence. Et nous avons peu réussi. À nous de découvrir que c’est au nom du Seigneur qu’il nous faut jeter les filets. Le vrai porteur d’Évangile, d’après saint Paul, n’est pas celui qui prend appui sur lui-même, mais c’est au contraire celui qui reste fidèle et transmet l’Évangile tel
que le Christ l’a déposé sur ses premières pierres qui sont les Apôtres.

Père Bénigne IKANI