Editorial du dimanche 8 septembre 2013

LA SAGESSE SELON JÉSUS

Ce n’est pas une religion de facilité que propose Jésus à ces « grandes foules qui faisaient route avec lui ».  De grandes foules :  cela n’évoque pas des moines ou des religieux, mais le large mouvement populaire que le Christ a suscité en Palestine, et aussi ces hommes innombrables qui, à travers les siècles, sont prêts à faire un bout de chemin avec Lui.  La plupart ont découvert dans son Évangile un livre admirable, d’une sagesse toute divine, d’une émouvante tendresse humaine.  Mais que dire de ce langage abrupt qui exige des renoncements radicaux ?  Ne rien préférer à l’amour du Christ, pas même les liens de l’affection la plus légitime ; prendre sa croix et renoncer à tout pour être son disciple, est-ce bien raisonnable ?

Certainement pas ! Mais si nous voulons être « raison-nables », nous n’aurons plus aucune de ces audaces évangéliques qui signalent le disciple authentique de Jésus. En effet, dans un monde dominé par le matérialisme pratique, les nouvelles idoles du pouvoir, du sexe, de l’argent, il faut souvent de l’héroïsme sous peine de n’être plus du tout chrétien.  Il est bon alors de redécouvrir, avec l’Évangile, le prix de la grâce : « la grâce qui coûte cher », et non cette grâce “raisonnable”, dont nous nous contentons si volontiers.

D’ailleurs, dans ces invitations au détachement radical, c’est finalement d’amour et d’attachement à une personne dont il s’agit : Jésus, sans qui le chrétien que nous sommes n’est qu’un Christophe Colomb sans les Amériques ; Jésus, qu’il faut aimer par-dessus tout.  Parce que lui-même m’a aimé et s’est livré pour moi.  Parce qu’on devient ce que l’on aime.  Tu aimes l’argent, tu deviendras argent.  Tu aimes le Christ, tu seras fils de Dieu.

Père Joseph Hunt