Editorial du dimanche 11 avril 2010

La paix, autre nom de la miséricorde

« Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des juifs. Jésus vint et il était là au milieu d’eux ». Il leur dit : « la paix soit
avec vous ! »

La lecture méditée de cette phrase montre bien pourquoi le Pape Jean Paul II proclamait ce dimanche, “Dimanche  de la divine miséricorde”. Oui il nous faut rendre grâce au Seigneur, car éternel est son amour. Sa miséricorde est infinie. La preuve c’est qu’il se tient là au milieu d’eux. Au milieu de son Église humiliée, souillée, et tremblante. Au milieu de nos enfermements provoqués par nos égarements et la peur du regard des autres. Au milieu de nos angoisses, de nos trahisons et de nos lâchetés. Lui qui a enduré le pire par sa passion n’a plus aucun repli face à nos misères. C’est pourquoi il est là. IL est là, l’Emmanuel, non seulement pour avoir pitié (misère), mais surtout pour mettre nos misères “en corde” (tel que nous le suggère auditivement le mot “miséricorde”). Cette misère est tellement grande qu’elle n’a même pas disparue avec la résurrection du Christ.
Le Christ en est désormais marqué. Ses plaies nous le prouvent.

Cependant, de son corps marqué jaillira la source de vie. Les apôtres en sont les témoins. Pierre comme les autres s’attendaient à des reproches, du genre : “Pourquoi m’avez-vous lâché” ? Mais il leur dira : « La paix soit avec vous ». La paix, signe incontestable de la misé-ricorde, du pardon gratuit et de la réconciliation. La paix, source d’une joie retrouvée qui chasse la peur. C’est cette paix qui précédait la création de l’homme. La paix, symbole d’une confiance inouïe, d’où jailliront les disciples. Des disciples nés d’une nouvelle Pentecôte capable de faire d’eux de vrais porteurs de sa miséricorde dans le monde et pour le monde : « Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et dit : recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus.» Aie pitié de nous Seigneur. Aie pitié de nous.

Par Marie, donne à ton Église assez de foi pour croire en ton pardon et chanter « Le puissant fit pour moi des merveilles, saint est son Nom… Son amour s’étend d’âge en âge, sur ceux qui le craignent ».

Père Bénigne IKANI