Editorial du dimanche 10 avril 2011

« CROIS-TU CELA ? »

Que peut-on attendre du Christ pour nous aujourd’hui ? Quelle espérance ? Quelle action de Dieu dans notre existence ? Je n’attends pas que Dieu ramène à la vie physiquement ceux qui sont morts comme Lazare fut
« ré-animé ». Que peut m’apprendre alors ce texte trop merveilleux ?

La clé se trouve dans l’affirmation de Jésus concernant la Résurrection : Marthe dit qu’elle y croit, mais comme quelque chose concernant la fin des temps. Jésus dit non, c’est pour aujourd’hui et maintenant : (v.25) « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ».

Là est le message essentiel : la résurrection, ce que Dieu peut nous faire, il ne faut pas l’attendre pour l’au-delà, mais c’est pour tout de suite, maintenant, sans attendre. Dieu peut nous « ressusciter », nous remettre debout et en marche, nous redonner confiance, nous libérer de tous les liens destructeurs qui nous enserrent.

En fait, le seul lien entre l’événement rapporté et l’affir-mation du Christ sur la résurrection, c’est l’analogie. Il faut voir l’histoire comme une parabole nous montrant comment cela se passe, une résurrection dans notre vie, et quels sont les rôles de chacun : de Dieu, du Christ, de l’intéressé, et des autres, de l’entourage.

La résurrection, en grec, signifie juste la « relevée ». Dieu peut nous relever, nous redonner la vie, nous remettre debout, nous remettre en marche. Et là est le miracle et la puissance extraordinaire de Dieu transmise par le Christ : Dieu peut nous libérer de tous les enfermements mortifères possibles, même si “ça fait longtemps que notre vie semble fichue”, même si tout le monde nous dit mort, même si plus personne n’a d’espoir, le Christ peut nous remettre debout, en route, contre toute attente, contre toute logique et tout pronostic. Certes, ce n’est pas si facile, et pour Lazare, le processus sera complexe, assez lent. Mais l’important c’est que l’auteur de la résurrection, c’est vraiment Dieu par le Christ. Ce n’est pas Lazare qui arrive à s’en sortir plus ou moins tout seul par sa seule volonté.

Les proches sont aussi mis à contribution : ils doivent enlever la pierre du tombeau, enlever les bandelettes… ils ont un rôle essentiel pour leur ami. On ne peut pas s’en sortir tout seul, même avec l’aide de Dieu, il nous faut des frères et des sœurs autour de nous. Ce rôle humain, c’est d’accompagner, de libérer autant que possible, de trans-mettre la parole. Alors la question nous est posée à nous tous : croyez-vous cela ?

Père Jean-Luc MICHAUD