Maintenant nous avons largement dépassé la mi-carême, étape importante de ce temps privilégié que nous donne l’Église en cette sainte quarantaine. Peut-être est-il encore temps pour nous de faire une pause sur cette longue route et de refaire un peu le point sur cette démarche de conversion intérieure et extérieure, qui engage toute notre personne à la suite du Christ ressuscité.
Où en sommes-nous de nos bonnes résolutions ? Il est parfois bien difficile de les trouver, et encore bien plus difficile de les tenir dans notre vie quotidienne où le combat entre la pesanteur et la grâce fait chaque jour un peu plus sentir son poids. Bien loin de nous décourager, au contraire l’aveu de notre petitesse peut être une occasion pour nous de mieux nous reprendre et ainsi de faire plus confiance à Jésus que dans nos propres forces.
C’est dans cette voie d’enfance spirituelle que nous pouvons être le plus à l’écoute de Notre Seigneur et de sa volonté sur nous. Comme l’écrivait Léon Bloy : « Je sais en réalité peu de choses et je n’ai compris que ce que Dieu m’a fait comprendre quand je me suis fait semblable à un petit enfant. » Et si notre résolution de carême c’était cela, entendre sourdre cette petite voix au fond de notre cœur, comme si Jésus nous disait : « Pour peu que tu veuilles te laisser faire sans batailler, Je t’élèverai et te rapprocherai de Moi d’une manière plus merveilleuse que tu ne saurais le penser. » Se laisser faire enfin par Dieu n’est-ce pas la plus belle résolution pour un carême ?
Père Olivier Horovitz