LE CAREME, UN CHEMIN DE VIE

Nous voici entré cette année encore dans ce que l’Église appelle la sainte quarantaine. Cette perspective peut selon le bois dont nous sommes fait, nous répugner, nous attrister, ou bien tout simplement nous laisser indifférent.

Il convient peut-être de reconsidérer la question sous un angle un peu différent. Pourquoi Dieu nous donne t-il ce temps si particulier ? Il nous faut tout d’abord entrer dans cette période comme dans un lieu saint. En effet, l’édifice du carême est un lieu chargé d’histoire, et pas n’importe quelle histoire, l’Histoire Sainte entre Dieu et son Peuple.

Souvenons-nous ici des quarante ans dans le désert, ce temps si particulier situé entre la libération de l’esclavage d’Égypte et l’arrivée en terre promise du Peuple choisi. Cette longue marche dans le désert, était la condition impérative à la préparation spirituelle de ces hommes qui allaient à la rencontre du Dieu vivant. On ne marche pas vers Dieu sans éprouver dans son cœur et dans son corps un certain vertige, en songeant à la distance infinie qui sépare la créature de son créateur. Cette longue préparation, nous la vivons tout au long de notre vie, qui est bien souvent un long chemin qui s’étend depuis notre baptême, jusqu’au jour de notre naissance à la splendeur éternelle.

Quarante jour, ce n’est pas le fruit d’un arbitraire de la loi liturgique, c’est aussi le temps que Jésus s’est fixé pour sa retraite au désert avant de commencer sa mission publique parmi les hommes. Jésus nous a montré par son exemple la nécessité pour nous de vivre également des temps privilégiés de prière de partage et de jeûne. C’est en parcourant généreusement ce temps de pénitence, que nous pourrons vivre une véritable rénovation intérieure.

Entrons dans ce désert où Dieu nous donne rendez-vous, dans les dispositions du psalmiste : « Je m’enfuirai au loin, je gîterai au désert. » Ainsi comme le dit le prophète Isaïe :

« De son site désertique, Il fera un Eden, et de sa steppe le jardin du Seigneur. »

Entrer de bon cœur dans ce temps béni, c’est emprunter un chemin de vie qui nous conduit infailliblement vers Dieu. Alors, il ne faut plus avoir peur de nous laisser faire, c’est la résurrection qui nous attend au bout de la route.

Père Horovitz

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