Voici que le temps de Noël s’achève ce dimanche par la fête du Baptême de Notre Seigneur. Après avoir célébré l’Épiphanie, c’est à dire la manifestation au monde de la naissance du Sauveur, voici donc que l’Église, à travers ce mystère, nous met face au paradoxal baptême du Seigneur et nous dévoile ainsi ses nombreuses conséquences bénéfiques pour l’humanité rachetée.
Paradoxal baptême en effet : c’est sans doute par une trop grande habitude de la lecture de l’Évangile que nous finissons par ne même plus être choqué par cet épisode ; alors que la primitive Église a sans doute dû être embarrassée par ce baptême, que « le plus fort » demande à celui qui n’est même pas digne de lui ôter ses sandales !
Saint Matthieu semble traduire son embarras à ce qu’il ne précise pas que le baptême de Jean est pour la rémission des péchés. Les auditeurs de saint Matthieu sont tous imprégnés des images de l’Ancien Testament concernant la venue du messie, qui apparaît dans certains textes comme un être divin ou, du moins, qui dépassera toutes les créatures :
À la lecture de ces textes, nous voyons mal pourquoi celui qui est le messie attendu par Israël doit se soumettre au baptême de Jean, alors qu’Il est sans péché !
Il y a plusieurs raisons à cela, la première se trouve chez saint Jean : « C’est pour qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptisant dans l’eau. » (Jean 1,31). Ainsi, par ce baptême, allait être rendue manifeste l’entrée dans l’ère messianique. Ensuite, découlent de cette manifestation les qualités de Jésus, sa filiation divine, sa messianité, et sa consécration totale à l’œuvre messianique.
Oui notre Dieu a vraiment fait pour nous de grandes choses !
Père Horovitz