Les enfants comme les grands, y compris nos amis pâtissiers, guettaient impatiemment l’apparition dans la crèche de ces trois mystérieux personnages qu’on appelle les « rois mages » et qui viennent, à leur tour, compléter les adorateurs de l’Enfant-Dieu. Cette fois-ci tout est en place et c’est aujourd’hui l’Épiphanie, la manifestation du Sauveur du monde à son peuple et à toutes les nations. C’est le mystère resplendissant.
Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. L’affirmation aujourd’hui est claire : c’est pour tous que Dieu fait briller sa lumière ; c’est à tous qu’il adresse son appel et ouvre son Royaume. Sans exclure personne, sans marginaliser aucun peuple. L’Évangile doit être annoncé partout. Dès lors, comment nous étonner que des hommes et des femmes de toute provenance, de toute croyance ou non croyance mènent, d’une façon ou d’une autre, une quête qui les oriente vers Dieu et vers le mystère du Christ ? Si Dieu veut révéler son Fils à tous et nous conduire tous à lui, comment n’agirait-il pas en chacun, prenant en compte les attentes et les recherches tâtonnantes de chacun ?
Dieu rassemble maintenant, en Jésus, son Fils, un peuple qu’il constitue à partir de toutes les nations. Dieu veut faire de tous les hommes ses enfants et les héritiers de la Promesse faite à Abraham. Il ne cloisonne pas l’humanité. Cela apparaît plus évident que jamais, en notre époque de brassage culturel et religieux et tout spécialement dans notre quartier de Clignancourt.
Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur, Créateur et Sauveur, qui fait cheminer vers son Fils la multitude de ceux dont il veut faire ses enfants. Tenons-nous prêts à accueillir ces chercheurs quand ils frappent à notre porte et demandent : qui est Jésus, où est Jésus ? Sachons nous laisser interroger par leurs découvertes et leurs intuitions. Et sachons, nous aussi, les interroger : qu’est-ce qui t’a mis en route ? Nous ne pourrons leur ouvrir l’Évangile que si nous les assurons d’abord de notre écoute. Et en écoutant l’Évangile du salut, en partageant le repas du Seigneur, nous recevrons la lumière et la force pour continuer notre pèlerinage, et pour rendre témoignage à la Vérité, auprès de tous ceux qui sont appelés à devenir nos frères en Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hommes.
Père Jean-Luc MICHAUD