C’est l’icône qui va nous accompagner tout au long de cet Avent. Marie, lumière de l’Avent, va sillonner la paroisse pendant ces jours d’attente, de prière mais aussi de joie. Elle va nous visiter par l’intermédiaire de ces icônes de la Vierge de Vladimir réputée attirer « miraculeusement » les foules. Dans notre quartier « toutes les nations afflueront vers elle » car le moment est venu, aujourd’hui, d’accueillir notre Salut. En effet, si nous avons reçu la grâce d'être chrétiens, en même temps, nous n'aurons jamais fini de le devenir. Marie nous apprend à le devenir. Car elle n'a qu'un désir : nous apprendre à le devenir, parce qu'elle est elle-même la première et la plus grande chrétienne.
Marie est la première et la mère dans cette nouvelle famille des disciples de Jésus, qui ont été appelés plus tard "chrétiens". Si elle est pleine de grâce, immaculée dans sa conception comme nous la célèbrerons le 8 décembre, c'est par la rédemption de celui qui sera son fils et par la sainteté de l'Esprit Saint. Elle est la première et la mère de ceux qui sont appelés à être sauvés de leurs péchés par le Christ et sanctifiés par l'Esprit Saint.
Ne pensons pas que Marie soit une chrétienne hors normes, anormale, alors que nous ferions partie des chrétiens normaux. Elle est la chrétienne normale, alors que c'est nous qui sommes des chrétiens anormaux. En la recevant chez nous, nous recevons la visite de la chrétienne normale, celle dont l'être est habité par la foi et dont toute la vie a été guidée par la foi.
Cela ne veut pas dire que sa foi a été facile en tous points. Nous le voyons déjà à l'Annonciation : Marie est troublée ; elle interroge, car elle ne comprend pas. En un autre endroit il est dit d'elle et de Joseph qu'ils ne comprirent pas. Dans tous les cas elle méditait dans son cœur tout ce qu'elle vivait et entendait. Et que dire de l'épreuve qu'a été pour elle la croix ? La résurrection de son Fils n'a pas été pour elle une évidence. Mais elle est celle qui a eu la plus grande certitude de foi de cette résurrection. Elle a eu la foi plus que Marie Madeleine, plus que Pierre et Jean, plus que tous les disciples, plus que tous les croyants de l'histoire. Mais elle a dû progresser dans sa compréhension de la volonté de Dieu. Elle a dû se convertir, non pas du péché à la sainteté, mais de l'incompréhension à plus de compréhension.
Marie est " la " chrétienne. Elle est la chrétienne qui nous apprend à être chrétiens. En la regardant à travers une belle image que nous aimons, en pensant à elle, en lui parlant, en disant le chapelet, nous apprenons à être chrétiens. Elle est le miroir à travers lequel nous voyons ce que c'est que d'être chrétiens. La vie chrétienne est mariale. Elle est la vie de disciple du Christ à la manière de Marie. Bon Avent marial !
Père Jean-Luc MICHAUD