QU’ELLE PRIE, NOTRE ÉGLISE !

« Là où nous n’avons pour seul souci que de rendre la liturgie attrayante, intéressante et belle, la liturgie est déjà en ruines. » Qui donc s’exprime ainsi, au risque de troubler ceux qui s’efforcent de faire « de belles messes » ? Nul autre que notre saint-Père le pape Benoît XVI, dans son discours à l’abbaye cistercienne de la Sainte-Croix, le 9 septembre dernier au cours de son voyage pastoral en Autriche. Mais aussitôt il s’explique, devant l’assistance composée des moines, d’étudiants en théologie, des autorités locales, de quelques évêques autrichiens et de paroissiens, donc devant nous aussi : « Ou bien elle est opus Dei (œuvre de Dieu), avec Dieu pour seul sujet, ou bien elle n’est pas. Sous cet éclairage, je vous demande de célébrer la sainte liturgie avec votre regard fixé sur Dieu dans la communion des saints, l’Église vivante de tout temps et de tout lieu, afin qu’elle devienne une expression de la beauté et de la solennité de Dieu, ami des hommes ! »

Que nous embellissions les lieux et les célébrations, que nous nous efforcions de mobiliser tous les talents au service de la musique, des chants, des lectures, des commentaires et des méditations, à la bonne heure ! Mais que jamais nous ne perdions de vue le seul essentiel : ce Dieu qui nous a envoyé son Fils pour nous sauver. C’est dans la foi que nous devons lui demander inlassablement justice comme la veuve de l’évangile. Nous devons implorer toujours le pardon de nos péchés et la force d’accomplir la mission qu’il nous confie pour le monde d’aujourd’hui jusqu’à ce qu’il vienne.

C’est ainsi que notre église Notre-Dame de Clignancourt se dressera au milieu du quartier comme une maison de prière perpétuelle : même la nuit ses murs murmureront la louange dont le jour aura retenti, la lampe du Seigneur brillera comme une braise recueillie au feu de notre adoration, les piliers feront monter encore nos demandes pour tous nos frères humains. Ce temple de pierres, signe de l’Église fondée sur les Apôtres, se fera cœur palpitant du désir de Dieu de rejoindre et d’attirer ses enfants dispersés qui pleurent et qui peinent, ou qui devraient pleurer leurs péchés. Il sera source de la grâce qui jaillit du côté du Christ.

Que la sainte Vierge Marie, l’Immaculée dès sa conception, fasse sienne notre prière, qu’elle la purifie et lui donne de brûler sans cesse à la face du Très-Haut en qui son cœur exulte à jamais.

Marc Lambret, curé

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