ÊTRE DISCIPLE

L’évangile de ce dimanche, nous conduit à nous poser la question suivante : qu’est ce qu’être disciple du Christ ?

Si nous consultons notre dictionnaire, nous découvrons que le mot disciple vient du latin discipulus, qui signifie d’une manière classique : élève. Si nous allons plus loin, nous apprenons qu’il y a deux façons d’être élève, une première qui consiste à recevoir l’enseignement d’un maître, comme Aristote le reçut de Platon ; une seconde façon plus engageante d’être disciple, c’est d’adhérer aux doctrines et à la personne d’un maître, comme un adepte peut s’attacher à un rabbin, ainsi Hillel fut le disciple de Chemayah.

Dans le premier cas c’est essentiellement l’intelligence et la raison qui sont engagées ; dans le second le disciple va plus loin dans l’entreprise et n’hésite pas à y mettre tout son cœur.

Cependant, lorsque nous regardons de près les conditions de l’engagement demandées par Notre Seigneur à ses disciples, aucune de ces deux définitions ne rend compte de « l’exorbitante » radicalité exigée.

Deux conditions sont énoncées pour devenir disciple de Jésus : tout d’abord renoncer à tout, et tout si je puis dire ce n’est pas rien ! Rien ne peut passer avant l’amour du Christ. Dans ce jeu de l’amour divin, il n’est pas question de se donner un peu ou beaucoup, il faut se donner entièrement ou plutôt se laisser prendre complètement au feu de cet amour qui consume tout.

Point n’est de place pour ceux qui disent avec Talleyrand : « Messieurs, dans la vie il faut choisir son camp, et savoir s’y tenir jusqu’au feu exclusivement. » Lorsqu’un chrétien choisit librement de suivre son divin maître, il ne peut pas y mettre de limites, cela ne serait pas digne de Dieu.

La seconde condition est tout aussi catégorique que la première, il s’agit de prendre sa croix pour marcher en disciple derrière le Christ. C’est en le contemplant chaque jour dans la Sainte Eucharistie, et dans la Bible que l’ont apprend à offrir et à vivre comme lui, à son imitation, les contrariétés, les soucis ainsi que toutes les croix plus ou moins grandes auxquelles nous sommes confrontés dans notre vie quotidienne. Comme le disait sainte Thérèse d’Avila : « À travers les épreuves, Dieu veut voir jusqu’où je pousserai l’espérance. »

En somme être disciple du Christ, c’est accepter de suivre chaque jour, pas après pas, dans une amoureuse confiance, celui qui nous attire de plus en plus vers son admirable lumière, au milieu des ombres trompeuses qui, elles, ne font que passer.

Père Olivier Horovitz

Anciens éditoriaux

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