LA PAQUE HEBDOMADAIRE

« Sans le dimanche, nous, chrétiens, nous ne pouvons pas vivre », affirmait peu après son élection le pape Benoît XVI, en reprenant cette parole des martyrs d’Abitène. C’est dire que le dimanche est, en effet, comme la “ Pâque hebdomadaire ”, expression de l’identité de la communauté chrétienne et centre de sa vie et de sa mission.

Ceci nous ramène à l’année 304, lorsque l’empereur Dioclétien interdisait aux chrétiens, sous peine de mort, de posséder les Écritures, de se réunir le dimanche pour célébrer l’Eucharistie et de construire des lieux pour leurs assemblées. À Abitène, petite localité de la Tunisie actuelle, 49 chrétiens furent surpris un dimanche tandis qu’ils célébraient l’Eucharistie, défiant ainsi les interdits impériaux. Arrêtés, ils furent conduits à Carthage, pour être interrogés par le Proconsul. Entre autres, Eméritus proclama : « Sans nous réunir en assemblée le dimanche, pour célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Nous manquerions de forces pour affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber. » Après des tortures atroces, les 49 martyrs d’Abitène furent tués. Ils confirmèrent ainsi leur foi dans la présence eucharistique du Christ, par l’effusion de leur propre sang.

Que font les chrétiens d’aujourd’hui pour chercher des forces, affronter les difficultés quotidiennes et ne pas succomber ? Ont-ils compris ce que Dieu leur propose dans ces eucharisties dominicales si souvent désertées de nos jours ? Jésus, dans l’Eucharistie se donne lui-même ; il offre son corps et il verse son sang. « Dans le pain et le vin, sous les apparences desquels le Christ se donne à nous à l’occasion du repas pascal c’est la vie divine tout entière qui nous rejoint et qui participe à nous sous la forme du Sacrement » (Benoît XVI, Sacramentum caritatis n.8). Voilà le mystère de la foi !

Le sacrement du corps et du sang du Christ est par conséquent vital pour le chrétien tout en signifiant, en même temps, la quête inépuisable de Dieu envers l’humanité. C’est Dieu qui veut entrer en communion avec nous. Il se donne à nous personnellement si nous avons la foi, mais toujours à l’occasion d’un rassemblement de son Église, du peuple qu’il s’est acquis en offrant son Fils sur la croix.

Père Jean-Luc Michaud

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