En cette fête de la Sainte Trinité, saint Jean reprend ce que Jésus nous disait lors de la fête de la Pentecôte : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité entière. » À ceci saint Paul renchérit : « pour moi, je n’ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des êtres de chair, comme à de petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné à boire, non une nourriture solide ; vous ne pouviez pas encore la supporter ; mais vous ne le pouvez pas davantage maintenant, car vous êtes encore charnels. »
Lors de la fête de la Pentecôte, nous avons médité sur la vérité que l’Esprit Saint dévoile progressivement, tout au long de l’histoire de l’Église. En ce dimanche, Fête de la Sainte Trinité, nous sommes attentifs au fait que la vérité de l’évangile nous atteint alors que nous sommes nous-mêmes en croissance d’humanité et de foi. Or la foi, contrairement à ce que l’on peut parfois imaginer, n’est pas une lumière aveuglante ; elle est, si l’on ose l’expression, une lumière obscure, une confiance donnée dans la nuit. Elle implique un saut dans l’inconnu.
Ceci se vérifie tout particulièrement à propos du mystère de la Sainte Trinité. Le mot se ne trouve certes pas dans la Bible ; mais la réalité qu’il veut exprimer est très présente dans l’enseignement de Jésus. Ainsi, aujourd’hui, nous voyons avec quelle insistance Jésus parle de son Père et de l’Esprit de vérité. Il dit le plus explicitement possible qu’entre le Père, l’Esprit et Lui, tout est commun : ce que l’Esprit dira : « ne viendra pas de lui-même…. il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi, voilà pourquoi je vous ai dit : il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
Ce Dieu-là, Père, Fils et Esprit, Dieu Unique mais non pas « seul », Dieu communion éternelle d’amour infini, au plus profond de son mystère, est la pierre de touche de la foi chrétienne, la différence sans doute fondamentale par rapport aux autres conceptions de Dieu. Notre acte de foi est ici décisif, il détermine si nous sommes vraiment « du Christ ».
« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon peu de foi ! »
Père HUNT