MOI, JE SUIS COMME SAINT THOMAS …
…DONC, JE CROIS, SEIGNEUR !

Pauvre Thomas. Lui qui avait demandé à voir les plaies du Sauveur ressuscité. Voila maintenant qu’il sert à justifier tous nos soupçons, et même notre mauvaise foi.

« Jésus a fait, dit l’Évangile, beaucoup de signes qui ne sont pas dans ce livre », mais ceux-là y ont été mis pour que vous croyiez ». Ce serait un comble que précisément l’histoire de Thomas justifie notre absence de foi !

Car enfin, cette histoire n’a pas été inventée. Elle sent bien le vécu, en n’épargnant pas les limites et les défauts de l’apôtre. D’ailleurs, comme les autres passages de l’Évangile, elle a dû être souvent reprise et répétée bien avant d’être consignée par écrit pour les générations à venir.

Donc, Thomas l’incrédule se trouvait avec les autres apôtres huit jours après le tombeau vide, huit jours après les premières manifestations du ressuscité. Or, sans que Thomas ne le prévoie, voici que le Seigneur est présent, dans la maison pourtant soigneusement fermée. Dans sa miséricorde, le ressuscité se manifeste à nouveau ; avec ce même corps que l’on avait décroché de la croix, qui était mort et qui maintenant est plein de vie, d’une vie que personne ne pourra lui ravir.

« Mon Seigneur et mon Dieu ». Cela ne fait pas de doute : ce n’est pas seulement qu’il accepte la résurrection de Jésus, mais surtout il place enfin en lui sa foi, et reconnaît Dieu qui sauve.

Heureux Thomas, toi qui crois. Heureux sommes-nous de connaître ton histoire, et surtout sa fin. Parce qu’elle est rapportée, dès les premiers témoins, par des hommes qui se sont laissés convertir au Christ, cette histoire ne fait pas de doute.

Heureux ceux qui croiront, sur la parole des témoins. Heureux sommes-nous, si nous acceptons enfin la Résurrection, non pas comme un fait divers sujet à caution, mais comme le fait central de l’histoire de notre humanité, le fait central de notre histoire personnelle.

Père Leverrier

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