Quel est ce sommeil mystérieux qui prend Abraham à l’approche du sacrifice et également Pierre, Jacques et Jean lors de la Transfiguration ? C’est que l’homme ne peut supporter sans crainte ni sans dommage la manifestation de la gloire divine. Cette torpeur est-elle une protection que Dieu donne à ceux qui s’approchent de lui ?
Encore faut-il que cela soit bien de Dieu : plus tard, à l’approche de la Passion, les apôtres s’enfuiront dans le sommeil alors qu’à l’approche de son arrestation, Jésus leur demande de veiller et de prier.
Quant à nous, nous ne sommes pas sur la montagne de la Transfiguration, mais encore au début de ce chemin de carême, et si l’Église nous livre ce passage de l’évangile, c’est, comme pour les apôtres, pour nous fortifier dans le combat spirituel auquel elle nous appelle.
Plutôt que de nous endormir, que la Parole de Dieu réveille notre ardeur ? Non pas pour dresser quelques tentes et nous installer tranquillement, mais pour continuer notre route vers Pâques et nous détacher ainsi du péché qui nous engourdit, nous égare et nous cache le visage du Christ.
Non, vraiment, ce n’est pas l’heure de dormir. Entendons la voix du Père qui s’adresse à nous : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ! »
Père Leverrier