VIGILANCE DE MARIE SUR LA JOIE DES ÉPOUX

Il y a des noces à Cana en Galilée. La vie publique de Jésus s’ouvre sur une célébration de noces. Il y a le festin, il y a l’émotion d’un jeune couple, il y a la joie, mais déjà un couple apparaît : Jésus est là avec sa mère. Autant qu’ils peuvent, ils participent à la joie du premier couple. Ils participent avec eux. Mais la joie de la noce, à la longue, s’épuise, le vin vient à manquer.

On imagine que Jésus vint aux noces de Cana à cause de sa mère qui aurait été invitée en raison d’un lien de parenté. La théologie spirituelle en tire cette conclusion pour le moins conforme à l’expérience de l’Église : l’intercession de Marie ouvre bien des âmes à la venue de Jésus. Le miracle de l’eau changée en vin est le premier signe que Jésus donne à ses disciples du mystère de sa personne. « Ils crurent en lui. » Tous les miracles selon saint Jean n’ont pas pour but de prouver quelque chose. Ils sont des signes à travers lesquels Jésus indique son identité. Ils sont une invitation à croire en lui.

Ici on peut poser une question : après ce miracle à Cana, et après de multiples miracles réalisés par Jésus, pourquoi la foule ne s’est-elle pas mise à suivre Jésus ? La réponse est très simple. Le miracle dans l’Évangile est avant tout un signe de Dieu et pour le comprendre il faut que le cœur ait certaines dispositions d’accueil.

Une autre question : quelle fut la réaction des apôtres par rapport à Marie ? L’évangile n’en dit rien. Mais retenons le fait. Il a un sens pour nous aujourd’hui. Nous constatons que la foi en Jésus se produit chez les disciples dans une circonstance où Marie est présente. Dans l’ordre de la foi, Marie-Mère de Jésus est active et présente pour faire naître et grandir la foi au cœur de tout homme.

Par sa présence à ces noces, Jésus prépare l’institution du mariage chrétien. Par son miracle, il montre sa puissance divine et prélude à l’institution de l’Eucharistie. Enfin, en accomplissant ce miracle en faveur des époux et des invités, il montre qu’il se soucie de nous, même dans les faits ordinaires de la vie.

Père LI

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