LA FAMILLE, LA PERSONNE ET LA PAIX

Dans les églises et de nombreuses maisons, certains se sont arrêtés quelques instants devant la crèche qui manifeste le Noël chrétien. Beaucoup d’entre nous ont pu contempler cette scène avec attendrissement : l’Enfant-Jésus rayonnant entre son père Joseph et Marie sa mère. Nous pouvons alors rêver de la famille idéale où tout ne serait qu’harmonie et amour. Cependant, les bruits de nos vies viennent vite envahir cette contemplation et chasser cette paix fragile et fugace.

Les circonstances de la naissance de Jésus ne sont-elles pas dramatiques elles aussi ? Marie, qui attend un enfant dont tout le monde ignore le père. Situation qui aurait pu faire douter Joseph de sa fidélité et entraîner une rupture de fiançailles. Départ de Marie en hâte de la maison paternelle pour devenir servante d’Élisabeth et ainsi, à la manière de l’époque, expier « sa faute » présumée. Naissance de Jésus dans l’indifférence de tous et la pauvreté extrême. Fuite sur les routes de l’exil en Égypte. Massacres des enfants gênants… Est-ce cela la famille idéale ? Et pourtant nous fêtons la Sainte Famille ce dimanche qui suit Noël ! En elle est né le Sauveur. Oui, cet enfant inattendu qui est venu bousculer l’ordre établi, est en réalité le Sauveur, c’est-à-dire le Dieu d’Amour fait homme. Il est la paix donnée aux hommes. Voilà ce que nous fêtons et méditons en ce début d’année. Quelle famille voulons-nous demain ? Quel rôle joue-t-elle dans la formation de notre personnalité ?

Dans son message pour la Journée Mondiale de la Paix, Benoît XVI place la personne humaine au cœur de la paix. Parmi les menaces contre la paix, il stigmatise : « l’indifférence pour ce qui constitue la véritable nature de l’homme. En effet, de nombreux contemporains nient l’existence d’une nature humaine spécifique et ils rendent ainsi possibles les interprétations les plus extravagantes au sujet des éléments qui sont essentiellement constitutifs de l’être humain. Ici aussi la clarté est nécessaire : une conception « faible » de la personne, qui laisse place à n’importe quelle conception, même excentrique, ne favorise la paix qu’en apparence. En réalité, elle empêche le dialogue authentique et elle ouvre la voie à l’apparition de positions autoritaires, conduisant ainsi à laisser la personne elle-même sans défense et, par conséquent, à en faire une proie facile de l’oppression et de la violence » (n°11). Sachons garder raison et recevoir cette paix venue du ciel. Ainsi vivrons-nous une réelle année de grâces.

Père Jean-Luc Michaud

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