Pendant l’Avent, l’esprit de la liturgie nous entraîne à pouvoir bénéficier de l’annonce joyeuse de notre libération prochaine (Jérémie 33,15) selon ce que l’Ange dit aux bergers de Bethléem : « Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce la bonne nouvelle d’une grande joie, qui sera pour tout le peuple ».
La grâce de l’Avent, en nous libérant de la peur, nous montre nettement les chemins du salut révélés par Jésus (1 Thessaloniciens 3,12 à 4,2) et nous assure de notre union à lui ; aussi, sûrs de l’amour de Dieu et forts des œuvres de religion (prière, jeûne, aumône), nous laissons se concevoir en nous cette allégresse, faite de reconnaissance et d’intense désir de la venue du Verbe de Dieu dans le cœur des hommes de bonne volonté.
Nous attendons la venue du Seigneur Jésus. Cette attente n’est pas passive. Il nous faut rester éveillés et prier. Car nous sommes assurés que cette venue n’est pas un pur symbole, une expression pour situer le déroulement d’une période de l’histoire du salut. Le Christ vient à nous en tout temps et même il demeure en nous. Mais cette approche et cette présence éternelles du Christ prennent, dans le temps de l’Avent, un aspect spécial. Elles acquièrent en quelque sorte un caractère « intensif ». Une grâce spéciale de « venue » du Seigneur nous est offerte. Le Seigneur nous était déjà présent, mais la grâce de l’Avent nous permet de prendre une conscience plus vive et toute nouvelle de cette présence. Il se fait connaître comme voulant être avec nous et nous invitant à mieux nous adapter à son intimité.
« Viens, Seigneur Jésus ! » Chaque jour de l’Avent, ce « Viens ! » nous emplira davantage. Il est prononcé avec un accent plus puissant et il refoule au loin les pensées, les images, les passions immédiates incompatibles avec la venue du Christ. Même proféré d’une manière imparfaite, cet appel, ce « Viens ! », nous purifiera et nous enflammera. Il donnera à notre prière, au cours de l’Avent, sa nuance spéciale. Il rencontrera le désir profond de Dieu qui est de nous combler d’un amour débordant et de sa présence éternels. « Viens, Emmanuel ! »
Père Jean-Luc Michaud