Une terrible détresse, le soleil et la lune qui s’obscurcissent, les étoiles qui tombent du ciel, les puissances cosmiques ébranlées ! On peut facilement faire plus joyeux ! On ne s’est pas privé pour brandir ces menaces et terroriser les foules crédules, les maintenir dans une obéissance peureuse. La fin du monde ? La fin de notre monde, oui, quand le soleil s’éteindra…dans quatre milliards d’années ! Mais Jésus ne connaissait pas les derniers calculs de l’astronomie ! Quel crédit peut-on attribuer à ses paroles ?
Regardons d’un peu plus près. Notre monde est créé. Il n’a pas toujours existé tel que nous le connaissons. Notre terre elle-même a connu des transformations profondes, et en connaîtra d’autres. Depuis l’apparition du mal, la mort finit par engloutir les uns après les autres tous les êtres vivants. Ma mort se traduira, dans mon corps et dans ma personne, par des ébranlements qui me projetteront dans un inconnu. Et c’est l’inconnu qui fait peur. S’inspirant d’une manière bien particulière de parler, le genre apocalyptique (la révélation des derniers temps), Jésus exprime cette réalité très concrète de la fin de toutes choses.
Mais il ne s’en contente pas ! Ces cataclysmes précéderont sa venue « avec grande puissance et grande gloire ». Et il a recours à une comparaison étonnante, celle du figuier : « Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche ». Ce n’est pas là une réalité qui renvoie à la destruction et à la mort, mais à la vie, dans son aspect de naissance, de joie et de lumière.
Jésus nous révèle que les puissances de mort, bel et bien à l’œuvre dans la création et en chaque être humain, auront beau se déchaîner - sur la croix, elles le vaincront même avec une violence inouïe -, elles n’auront pas le dernier mot. Parce que lui est venu pour déposer dans le cœur secret de l’humanité et dans ce monde pourtant voué à la corruption, la puissance de l’amour de son Père. Désormais, par la foi, nous pouvons voir le mal mystérieusement habité par cet amour. Les soubresauts du cosmos et de l’histoire ne sont que les prémices, douloureuses sans aucun doute, d’une transformation, d’une naissance qui débouchera sur la lumière de la Vie. Cette promesse-là ne passera pas !
Père Hunt