PAUVRES POUR LE SEIGNEUR

Est-ce bien convenable, de la part de Jésus, de regarder ce que chacun met dans le tronc du temple ? Est-ce bien raisonnable, de la part du prophète Élie, d’exiger de la veuve qu’elle le serve en premier alors qu’elle n’a même pas de quoi survivre ? Tout de même, ils exagèrent, vous ne trouvez pas ?

Seulement, il y a des inconvenances plus graves : celle de se croire créancier vis-à-vis de Dieu, par exemple, et de considérer ainsi qu’il a bien de la chance de nous avoir.

Les « pauvres du Seigneur » que l’on rencontre à travers l’histoire sainte, sont ceux qui n’ont pas d’autre richesse que Dieu lui-même. Ce sont eux qui dépendent du Seigneur et non pas le contraire. La veuve de l’évangile et celle qui sert Élie, dans les lectures de ce jour devaient en être, elles qui mettent tout leur nécessaire, leur vie même, entre les mains de Dieu.

Dans l’histoire de l’Église, cette tradition spirituelle s’est retrouvée à travers le vœu de pauvreté des moines et des moniales. Beau cadeau fait à l’Église que ces religieux qui choisissent de n’avoir pas d’autre richesse que le Seigneur lui-même. Ne nous trompons pas sur le donateur ni sur le don : il ne s’agit pas simplement d’être généreux avec le Seigneur et qu’il soit ainsi notre débiteur, mais bien de reconnaître que tous nos cadeaux n’ajoutent rien à sa gloire tant que nous ne nous laissons pas sauver, guérir par lui.

Le seul sacrifice qui vaille est celui que Jésus lui-même a fait de son propre sang, offert à la merci, à la miséricorde de son Père.

Père Leverrier

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