Autour de la célébration de tous les saints et de notre prière pour les défunts, il nous est donné de rencontrer un aveugle, Bartimée, et un scribe.
La rencontre de Bartimée se situe à Jéricho ! Nous savons que Jéricho était la première ville de Palestine qui s’est opposée à l’entrée du peuple hébreu dans le pays que Dieu lui avait donné. Cette ville représente le monde opposé à Dieu dans sa résistance et sa rébellion. D’ailleurs aller à Jéricho, c’était toujours descendre, c’était la ville la plus basse de Palestine. Et c’est là, à Jéricho, que Bartimée était aveugle, à Jéricho, la basse. Beaucoup en sont là aujourd’hui, c’est à ce niveau-là, au niveau de Jéricho qu’ils vivent leur vie, c’est-à-dire au niveau le plus bas. On peut distinguer trois niveaux de vie : le niveau de l’esprit, le niveau de l’âme et le niveau de la chair.
Le niveau de l’esprit est accessible seulement à ceux qui se sont convertis à Jésus-Christ, qui ont reçu le Saint Esprit de Dieu et qui sont conduits par lui. Les saints qui nous ont devancé l’avaient compris. Ils ont vécu les commandements de Dieu : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Beaucoup vivent leur vie au niveau de leur âme c’est-à-dire de leur psychisme, de leurs sentiments et de leurs émotions et ils se laissent entraîner et guider par eux. Or Saint Jean de la Croix a décrit la vie de la foi comme la traversée d’une nuit obscure dans laquelle on ne peut s’appuyer sur rien, sinon sur Dieu lui-même et Dieu dans son mystère, Dieu au-delà de toute consolation ou de toute connaissance sensible.
Troisièmement, il y a ceux qui vivent au niveau charnel le plus bas, ils sont conduits et dominés par leurs instincts et leurs appétits charnels ; c’est ce que Jéricho représente et c’est à ce niveau le plus bas que se trouvait Bartimée. Mais même à ce stade, la foi peut encore faire des merveilles. Le Seigneur n’a dit que quelques mots : « va, ta foi t’a sauvé ». Et à peine le Seigneur avait-il fini cette phrase que la lumière s’est allumée dans les yeux de cet homme. « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, ça ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu, ce n’est pas par les œuvres afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2,8). Mais si c’est une intervention extérieure à l’homme, c’est une intervention qui devient sa propriété et qui s’inscrit en permanence dans sa vie de chaque jour.
Père Michaud