“ TU ES LE MESSIE ! ”

Celui que nous célébrons comme notre sauveur Ressuscité, est d’abord le serviteur qui a donné sa vie et a souffert par amour pour tous les hommes. Jésus nous a aimés jusqu’au bout, accomplissant ainsi la figure du « Serviteur souffrant », acceptant de tout perdre pour nous obtenir la vie.

Pierre comprend mal la nécessité de la Passion. Comme tout être humain il constitue un mélange fort complexe d’ombre et de lumière. À la question de Jésus, « Qui suis-je ? » Pierre répond : « Tu es le Messie. » Cet accueil de l’inspiration suppose chez Pierre une disposition, une ouverture intérieure de l’Apôtre. Et juste après cet échange, Jésus annonce sa passion et sa mort. Pierre se cabre. Cette révélation ne correspond pas à l’idée que le monde de l’époque se fait du Messie. À ses yeux le maître se trompe. Pierre fait de vifs reproches à Jésus. Le Christ ne le ménage pas : « Passe derrière-moi, Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais des hommes. » Pierre alors semble se fermer, il n’écoute plus le Père. Il s’agit du côté sombre de l’Apôtre. Pierre restera le même. Nous connaissons ses déclarations de fidélité inconditionnelle, suivies, quelques heures après, de son triple reniement.

À travers Pierre nous voyons comment Dieu agit. Jésus le choisit pour qu’il soit le premier serviteur de l’unité des disciples. Le Christ lui fait une confiance plus grande encore après son reniement. Jésus lui demande de le regarder dans la lumière de la foi. Il promet un Messie souffrant parce que Dieu veut donner aux hommes le signe du plus grand amour. Pierre devra purifier sa foi. Après la Résurrection, ses yeux s’ouvriront ; il reconnaîtra le Messie en celui qui lui montrera les plaies de la Passion. Pierre fera l’expérience du passage par la mort pour connaître la vie.

Jésus ne change pas. Il continue de choisir et d’envoyer des disciples pour qu’ils servent l’unité de la communauté. Jésus veut des pasteurs qui prolongent l’action de l’unique Pasteur. Mais ces hommes gardent leur côté lumière et leur côté ombre. Saint Paul écrira que « Dieu confie son trésor à des vases d’argile, pour que notre foi repose non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Malgré les limites et les défaillances des pasteurs, l’Esprit Saint continue de faire grandir le peuple de Dieu en nombre et en sainteté. Que notre foi et notre espérance s’en trouvent affermies pour la plus grande gloire de Dieu et la sainteté de nos communautés.

Père Gambino

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