PANIQUE HUMAINE ET TRANQUILLITÉ DE DIEU

Après que Jésus eut parlé toute la journée en paraboles (Marc 4,26-34), il dit à ses disciples : Passons sur l’autre rive. Jésus voulait rester seul avec ses disciples pour « expliquer tout, sans employer de paraboles » (Marc 4,34). Tout : son message, sa personne. Et cela par une série de signes qui doivent leur révéler qui il est.

Mais la tempête se lève et la peur saisit les Apôtres : la peur fondamentale de l’homme devant la mort. La mer n’est-elle pas pour eux, comme pour tous les juifs, le lieu d’habitation des forces maléfiques qui cherchent toujours à nuire aux hommes ? Ils savent qu’Isaïe parlait du « dragon qui habite le grand abîme » (51,10). Daniel présentait l’ultime combat entre Dieu et les puissances sataniques comme devant se dérouler au fond des mers (7,2-7). Cette fois-ci, ils ressentent très profondément cette angoisse profonde de la présence de ces puissances de destruction beaucoup plus fortes qu’eux et inévitablement victorieuses.

En un dernier sursaut, ils crient vers Jésus : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Alors Jésus, réveillé, interpelle le vent, comme si celui-ci était une personne – et avec vivacité – le menaçant comme il avait rudoyé la lèpre (Marc 4,39). Il dit à la mer qui gronde : « Silence, tais-toi ! » Une espèce d’exorcisme. Aussitôt, le vent tomba, et sur la mer il se fit un grand calme. Devant une telle puissance, les apôtres sont saisis d’une grande crainte.

À ses apôtres stupéfaits, Jésus adresse un certain reproche : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » Ils ont bien une certaine foi, puisqu’ils appellent Jésus à leur secours. Mais, comme dit Paul : « leur vie est encore centrée sur eux-mêmes, ils n’ont encore compris le Christ qu’à la manière humaine » (2 Corinthiens 5,14-17). Leur foi n’est pas assez complète, ni assez enracinée, assez forte pour supprimer toute crainte. Cet événement va alors les faire progresser dans la foi : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » Ils savent que Jésus est le Messie, l’envoyé du Père ; ce miracle sur les forces de la nature va les aider à comprendre que Jésus est aussi le Fils de Dieu, Dieu lui-même.

Nous prions : Maître des éléments et de l’histoire, ne nous abandonne pas à la peur lorsque survient la tempête. Augmente notre foi.

Père LI

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