En français, nous connaissons nos temps : le passé, le présent, le futur… L’hébreu, quant à lui, ne connaît que deux modes : l’accompli et l’inaccompli. Il ne s’agit pas de temps figés, mais d’un mode, et cela est bien éclairant pour nous : l’inaccompli est fait pour être accompli.
Et le temps entre l’Ascension et la Pentecôte ? Eh bien, justement, il est accompli pour Jésus qui est désormais entré dans la gloire du Père. Mais il est inaccompli pour les apôtres. Jésus a promis un autre défenseur : sûrement cette promesse s’accomplira. Dans l’attente, l’Église, déjà inspirée de l’Esprit Saint, choisit Matthias pour remplacer Judas.
Le baptême est déjà dans l’accompli : déjà, vous êtes sauvés, et vous êtes enfants de Dieu. Déjà, tout vous est donné pour être désormais fidèles à Jésus Christ, et vous êtes en communion avec Lui.
Il ne s’agit pas d’une promesse que Dieu tiendra un jour : dans la Passion de Jésus, l’éternel s’est vraiment engagé pour notre salut, et depuis l’Ascension, l’humanité est déjà entrée dans le ciel. Dans ce temps qui nous sépare de la fin des temps, ne doutez pas que le Seigneur soit toujours avec vous.
Alors, ne dites jamais « j’ai été baptisé », comme si ce n’était plus le cas, comme si l’œuvre de Jésus commençait à dater.
Dites :
Je suis baptisé,
Tu es appelé
Il est ressuscité,
Nous sommes sauvés.
Père Leverrier