L’enseignement de la scène des vendeurs chassés du Temple est double. Il nous montre que Jésus est le Messie, qu’il assume personnellement la succession de la réalité religieuse signifiée par le Temple.
Depuis son plus jeune âge, Jésus avait montré qu’il était chez lui au Temple de Jérusalem. Le Temple est la maison de son Père et il importe que Jésus y soit présent, même s’il faut pour cela fausser compagnie pendant quelques heures à Marie et à Joseph. Le Temple est son domaine et sa demeure. Il a le droit de s’y montrer, parfaitement à l’aise, le Maître de céans.
Au moment de chasser les marchands du Temple, Jésus est déjà adulte. C’est au début de sa vie publique, il connaît sa mission, c’est pourquoi, en réponse à la question posée par l’autorité religieuse, il déclare que le temple matériel touche à la fin de sa mission historique et sera remplacé. Un autre centre, d’une autre nature et englobant le destin de toute l’humanité, sera édifié. Ce centre, c’est lui-même, après sa résurrection.
Pour Jésus, c’était évident. Ce Temple de Jérusalem n’était rien sans son corps. Et son corps était tout entier le Temple. Cet édifice de pierre n’était que provisoire, le lieu où Dieu demeurait en attendant que son Fils vienne en personne habiter sur la terre. La destruction et la mise à mort de son corps suivies de son relèvement et de sa résurrection aboliraient à tout jamais le Temple de Jérusalem en érigeant le nouveau Temple : son corps ressuscité, auquel viendront s’unir, comme autant de pierres vivantes, tous ceux et celles qui le suivront dans le mystère de sa Pâque.
Jésus ressuscité est lui-même le Temple nouveau et définitif, car il est le lieu de la présence et de la manifestation de Dieu au milieu des hommes. Il est le Temple où Dieu est adoré « en esprit et en vérité » (Jean 4,20-24). S’extasiant devant la Jérusalem céleste, Jean s’écriera : « De Temple, je n’en vis point, car le Temple, c’est le Seigneur, ainsi que l’Agneau » (Ap. 21,22).
Père LI